A PROPOS DE L’EFFICACITE VOCALE DANS LE CHANT LYRIQUE Aspects physiologique, cognitif, acoustique et perceptif

Claire Pillot *  **, Jacqueline Vaissière**

* Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, Laboratoire de Phonétique et Phonologie, Paris

** Laboratoire de Phonétique et Phonologie, Université Paris III

Dans le cadre d’une approche physiologique, cognitive, acoustique et perceptive de l’efficacité vocale en chant lyrique, on définit quels sont les marqueurs de cette efficacité. Parmi les marqueurs mesurables, quels sont ceux qui différencient la parole et le chant, et les plus faciles à utiliser cliniquement ?

Le rendement vocal (rapport de l’intensité sur le produit de la pression sous-glottique et du débit oral d’air expiré), la pression trachéale, la pression intra-orale, l’intensité, le débit, et la fréquence fondamentale sont obtenus chez deux sujets (sauf la pression trachéale chez un seul sujet). La corrélation entre les pressions intra-orale et trachéale n’est pas toujours observée ; chez le sujet chanteur, à intensité égale, ce rendement n’est pas supérieur pour le chant par rapport à la parole, et n’est donc pas le marqueur le plus pertinent du chant lyrique.

L’étude cognitive de l’efficacité vocale (questionnaires) révèle primo sa multidimensionnalité ; secundo que la référence à la perception (“ voix portée ”) domine la production (“ voix endurante ”) ; tertio que l’efficacité vocale diffère d’une part dans la parole et le chant, d’autre part selon les professions des 64 sujets.

Les mesures acoustiques de l’efficacité vocale spectrale de voyelles et de phrases, parlées et chantées par 23 chanteurs, révèlent deux marqueurs complémentaires : le “ Rapport de Puissance en chant ” (différence entre l’harmonique le plus élevé entre 2000 et 4000 Hz, et celui le plus élevé entre 0 et 2000 Hz) et la différence d’amplitude entre le formant du chanteur et le minimum spectral qui le suit. L’imagerie par résonance magnétique et la simulation de [i], [a] et [o] parlées et chantées montrent l’importance de l’abaissement laryngé et celle des sinus piriformes comme fondements physiologiques principaux de l’efficacité vocale spectrale, perceptivement reliée à la portée, fondamentale dans toute rééducation vocale.

2006_14

A PROPOS DE L’EFFICACITE VOCALE DANS LE CHANT LYRIQUE Aspects physiologique, cognitif, acoustique et perceptif

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