PERCEPTION, MEMOIRE ET PRODUCTION MUSICALES CHEZ LE NON MUSICIEN DEFICIT ET EXPERTISE

Barbara Tillmann  CNRS-UMR 5020, Lyon, France

Simone Dalla Bella  University of Finance and Management, Warsaw, Pologne & BRAMS, Montreal, Canada

btillmann@olfac.univ-lyon1.fr

Dans les dix dernières années, un nombre grandissant de recherches en neurosciences a étudié comment le cerveau perçoit, mémorise et produit la musique. Nous présenterons des recherches étudiant le traitement musical chez le non-musicien, c’est-à-dire des personnes n’ayant pas suivi des cours de musique ou n’ayant pas appris un instrument. Pour la perception musicale, un ensemble d’études a montré que l’auditeur non musicien traite les structures musicales et a acquis des connaissances sophistiquées sur le système musical de sa culture grâce à l’écoute de la musique dans la vie de tous les jours. Ces connaissances de l’auditeur non musicien ne sont pas explicitement verbalisables, mais restent à un niveau implicite : l’auditeur non musicien peut ainsi être décrit comme un « expert implicite de la perception musicale ». Plus récemment, il a été montré que les abilités des non musiciens ne sont pas limitée à la sphère de la perception. Par exemple, les non musiciens sont plus précis dans la performance chantée que l’on croit généralement. En effet, malgré une large variabilité en production chantée, la grande majorité des non musiciens (85-90%) chantent plutôt juste (c’est-à-dire de façon comparable aux chanteurs professionnels lors du chant de simples mélodies familières). Contrastant avec ces résultats, environ 4 % de la population (non musicienne) est estimé d’être atteint d’amusie congénitale – un déficit musical qui ne peut être expliqué par des lésions cérébrales, des pertes auditives, des déficits cognitifs, intellectuels et sociaux ou par un manque d’exposition à la musique. Les personnes atteintes d’amusie congénitale sont incapables de reconnaître une chanson familière sans parole (e.g., chantée sur « la la » ou jouée par un instrument), de détecter une fausse note ou quand quelqu’un chante faux (y compris eux-mêmes). L’ensemble des recherches neuroscientifiques sur la musique nous renseigne sur comment le cerveau traite l’information musicale, permet des parallèles au traitement langagier et ouvre des perspectives pour l’utilisation de la musique dans la réhabilitation cognitive et sensorielle.

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PERCEPTION, MEMOIRE ET PRODUCTION MUSICALES CHEZ LE NON MUSICIEN DEFICIT ET EXPERTISE

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