DE L’INTELLIGIBILITE A LA COMPREHENSIBILITE DE LA PAROLE

QUELLES MESURES EN PRATIQUE CLINIQUE ?

Virginie Woisard1, 2, Robert Espesser3, Alain Ghio3.

1Unité de la Voix et de la déglutition, Hôpital Larrey, CHU de Toulouse.

2Laboratoire Octogone-Lordat , EA4156 Université Toulouse- Mirail.

3Laboratoire Parole et Langage, UMR 7309 Aix en Provence

woisard.v@chu-toulouse.fr

Introduction. La mesure de l’intelligibilité de la parole repose classiquement sur la quantification du taux de perception juste d’unités linguistiques plus ou moins complexes produites par des locuteurs et présentées  à un groupe d’auditeurs. Cependant, en fonction des modalités de la tâche réalisée, les tableaux de confusion établis entre les unités ciblées lors de la production de la parole et les unités perçues révèlent l’impact des confusions sur la compréhensibilité de la parole.

L’objectif de ce travail est d’étudier les rapports entre différentes méthodes de mesures de l’intelligibilité et le degré de sévérité du trouble de la parole.

Méthodes. Deux témoins et onze patients traités pour un cancer de la cavité buccale ou de l’oropharynx ont été inclus dans cette étude. L’enregistrement de la production de 80 mots monosyllabiques constitués par 16 consonnes et 5 voyelles a été présenté à un groupe de 10 auditeurs. La consigne était, après avoir entendu le mot une fois, de reconnaître parmi les 16 solutions, la consonne.

Les résultats révèlent un taux de perception faible pour les consonnes vélaires et un taux de perception bien conservé sur les fricatives labiodentales. Cependant le taux de confusion est très élevé pour ces dernières. Ces résultats ont conduit à comparer l’impact de la pondération du taux de perception juste par le taux de confusion sur le jugement global de sévérité de la parole. Aucune différence significative n’a été mise en évidence si l’on considère l’ensemble des consonnes. En revanche, la contribution relative de chaque consonne est nettement différente en fonction de la méthode de calcul.

Conclusions. Ainsi, cette étude met en évidence les limites des tests qui sont proposés en clinique. Elle met particulièrement en évidence la différence fondamentale entre un test dont l’objectif est de mesurer le déficit de la production de la parole par le locuteur et la mesure de l’impact du trouble de la parole sur la compréhensibilité du message par un auditeur.

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DE L’INTELLIGIBILITE A LA COMPREHENSIBILITE DE LA PAROLE

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