PEUT-ON PERDRE L’EQUILIBRE EN FORÇANT SUR SA VOIX ?

Aurore Lapauze1, Sébastien Christian1, Pierre-Olivier Védrine1,2

1 Unité de Phoniatrie, Service ORL, Centre Hospitalier Général, Cannes

2 Unité de Phoniatrie, Service ORL, Centre Hospitalier Princesse Grace, Monaco

vedrine@yahoo.fr

Objectifs

Recherche sur les liens entre la voix et l’équilibre à partir d’une analyse sur plate-forme de posturographie et de logiciels mathématiques.

Notre étude comparative avait pour but de rechercher l’existence d’un lien entre la présence d’une dysphonie dysfonctionnelle hyperkinétique chez un sujet et d’éventuels troubles de l’équilibre.

Matériel et Méthodes

Une analyse approfondie de la fonction phonatoire du larynx en tant qu’entrée du système postural d’aplomb a été nécessaire, ainsi que son lien avec la posturologie; notamment les lignes mathématiques et les grandes chaînes musculaires de l’organisme qui participent à l’équilibre de l’homme.

Nous avons sélectionné une population témoin, ne présentant pas de trouble de l’équilibre ni de dysphonie et une population expérimentale, a priori sans trouble de l’équilibre mais présentant une dysphonie fonctionnelle hyperkinétique.

Les sujets de chaque population se sont prêtés à l’enregistrement de leur voix à l’aide du logiciel Praat et ont participé à un test d’équilibre piloté par le logiciel Posturo Pro sur le Multitest-Equilibre. Cette plate-forme teste les différentes entrées sensorielles participant à la fonction d’équilibration (vision, somesthésie, vestibule) selon huit séquences différentes ; en condition statique, dynamique, avec et sans phonation.

Résultats

Les résultats obtenus ont été soumis à une étude statistique qui a révélé un lien étroit entre le forçage vocal et l’équilibre, puisque les sujets dysphoniques ont présenté des performances d’équilibration amoindries, ce qui n’a pas été observé chez les sujets témoins. Une différence significative du maintien de l’équilibre en condition statique et dynamique entre les sujets témoins et les sujets dysphoniques a été identifiée. Nous avons pu mettre en évidence une nette tendance à la dépendance visuelle chez nos sujets dysphoniques puisque l’entrée visuelle devient prépondérante ; nos patients tendent à perdre toute analyse critique face au leurre visuel qu’est la stimulation optocinétique.

Conclusions

Il conviendra donc au rééducateur orthophonique de savoir interroger ces patients quant aux difficultés rencontrées face aux leurres visuels de la vie courante (environnement mouvant sur un bateau, déplacements dans un grand magasin, conduite nocturne sur routes éclairées…)

Cela permettra, si besoin et selon l’importance du trouble, de faire appel au rééducateur de l’équilibre ou de proposer des exercices orthophoniques de difficulté croissante, utilisant ainsi nos techniques orthophoniques comme des stimulations somesthésiques plus spécifiques de l’extrémité céphalique, et agissant au point de départ des troubles de nos patients. Il serait alors intéressant de voir si l’amélioration des performances somesthésiques s’accompagne d’un bénéfice sur le geste laryngé.

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