ASPECTS CLINIQUES DES DYSTONIES ET TREMBLEMENTS DU LARYNX

P.Remy, B.Angelard, B. Roubeau

Hôpital Tenon, Service ORL

La consultation neuro ORL de l’hôpital TENON existe depuis plus de l5 ans .Elle présente l’intérêt de réunir 2 cliniciens (l ORL , 1 neurologue ) disposant d’un plateau technique permettant la réalisation immédiate d ‘une fibroscopie, d ‘un EMG, ou d’un enregistrement EVA.

Dans ce cadre, la problématique du Tremblement vocal (TV) représente un motif de consultation fréquent et soulève le problème de son diagnostic différentiel avec les dystonies laryngées et en particulier la Dysphonie Spasmodique en Adduction (DSAD).

Dans notre expérience ces 2 entités sont parfois difficiles a différencier et souvent confondues. Cette confusion est source d’erreurs de diagnostic qui entraînent des choix thérapeutiques inappropriés dont les résultats déçoivent les patients, par ailleurs elle peut susciter chez eux Des espoirs non fondés face à des troubles de communication parfois invalidants.

Les éléments du diagnostic restent cliniques : en effet

1° le tremblement vocal qui peut survenir a tout age partage avec la DSAD des modalités de survenue identiques et une évolution chronique. Il perturbe le geste vocal de façon variable selon son intensité, en revanche son caractère périodique (avec une fréquence autour de 6 Hz ) le différencie de l’aspect aléatoire et arythmique des formes habituelles de DSAD .

2° Il est plus aisément identifié lors de l’émission d’une voyelle tenue que dans la voix conversationnelle ou il peut faire l’objet de phénomènes compensatoires mis en place par le sujet de façon involontaire et susceptibles d ‘en masquer les caractéristiques acoustiques.

3° Il est aisément visualisé en fibroscopie, cet examen permettant par ailleurs d’en apprécier l’extension au delà des plis vocaux au niveau du pharyngo larynx

4° L’EMG du TA dont l’indication n’est pas systématique va confirmer la rythmicité et en mesure la fréquence. I1 n’est jamais en défaut dans cette indication par opposition à la DSAD où il peut s’avérer normal.

5° L’enregistrement EVA trouve son indication dans les cas difficiles, l’analyse combinée des f lux et des paramètres acoustiques permettant en règle la distinction des 2 entités.

Signalons toutefois l’impossibilité de cette distinction dans les cas (non exceptionnels) d’association TV+DSAB ou d’évolution d’une pathologie vers l’autre.

Une fois identifié chacun des ces 2 troubles vocaux doit être pris en charge de façon différente : rééducation orthophonique et traitement médicamenteux pour le TV injections intracordales de Toxine Botulique et orthophonie pour la DSAD.

Les résultats de ces traitements sont souvent plus satisfaisants pour la DSAD que pour le TV

Rappelons pour conclure l’important d’une approche multidisciplinaire illustrée par notre consultation conjointe.

2011_12

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